DES TERRARIUMS BIOCLIMATIQUES POUR LA REPRODUCTION DES REPTILES MENACÉS À ALLIGATOR BAY

Alligator Bay, parc animalier situé en Normandie, expert en faune reptilienne, vient de mettre au point des terrariums bioclimatiques à la pointe de la technologie. Objectif : la conservation et la reproduction d’espèces devenues très rares dans leur milieu naturel. Grâce à ces nouveaux terrariums, les iguanes rhinocéros, les lézards caïmans, les monstres de Gila, les vipères d’Ethiopie, l’iguane des îles Fidji vont évoluer dans des conditions climatiques identiques à leur pays d’origine !

Unique en Europe
Un terrarium, de manière générale, est un espace confiné utilisé pour le maintien d’espèces animales ou végétales. Le but étant de reproduire le plus fidèlement possible le biotope de l’animal ou de la plante maintenu dans cet espace. Les terrariums bioclimatiques que vient d’installer Alligator Bay reconstituent à l’identique l’écosystème et les conditions météorologiques de la zone géographique de l’animal dans les moindres détails. La plupart des parcs possèdent des serres qui reconstituent des écosystèmes sur de grands volumes avec une gestion du climat globale. La prouesse technologique d’Alligator Bay est de gérer par ordinateur le climat au jour le jour, heure par heure. Ceci est unique en Europe.

A Alligator Bay, le biotope est reconstitué par des plantes grimpantes, buissonnantes provenant de la zone géographique de l’animal. Celles-ci fournissent des abris, de la nourriture, des perchoirs aux reptiles. Ils retrouvent ainsi des comportements naturels. Les murs du terrarium sont réalisés par des faux rochers, le sol est constitué de terre, de sable et de pierres. Une micro faune souterraine, terrestre et aérienne (insectes et micro organismes détritivores) décomposent les fèces, les feuilles mortes, les restes de nourriture…

Chaque jour, les reptiles ont la sensation du lever et du coucher du soleil, la rosée du matin, des pics de chaleur quand le soleil est au zénith, la pluie, la brume en fin de journée … et même le clair de lune, Ils retrouvent le rythme naturel des saisons tout cela dans des espaces immenses de 20 m² en moyenne, du jamais vu !

Une technologie de pointe
Les conditions climatiques sont gérées par un ordinateur qui contrôle tous les paramètres :
- températures journalières et saisonnières (montée progressive et dégressive des T°C)
- taux d’humidité contrôlé
- gestion de la pluie, la brume et le vent
- éclairage spécifique pour les plantes et les animaux ( PAR, UV,…)

Les terrariums bioclimatique ne nécessitent quasiment pas d’intervention humaine, hormis l’apport de nourriture et le nettoyage des vitres. Tout est géré par automates dans une salle qui se situe au dessus dont la superficie est presque égale au terrarium lui-même.

Nathanaël MAURY passionné de faune reptilienne, consultant technique pour le parc a fait une moyenne sur 2/3 années des climats qu’il fait varier jour par jour. Il a ainsi passé au peigne fin les climats de l’île d’Haïti, de la République Dominicaine pour les iguanes rhinocéros, de l’Ethiopie pour les vipères, de la forêt amazonienne pour les lézards caïmans et du désert du Nevada pour les monstres de Gila. Il a fallu presque deux années pour concevoir et mettre en place les terrariums bioclimatiques. Budget de l’opération : 80 000 à 100 000 €.

Le processus est aujourd’hui à la pointe de la technologie. Des automates situés au dessus des terrariums (faux-plafonds) gèrent l’ensemble des paramètres. Ces installations uniques en Europe sont le fruit d’expertises complémentaires :
- Nathaniel MAURY pour la partie électrique et technique
- Stéphane PERDRIX pour la programmation du logiciel qui gère le climat ; il a utilisé le même logiciel que pour le métro de Lyon (aiguillages) !
- Jean-Pierre et Jean-Christophe Macé, fondateur et directeur du parc pour la conception et l’installation des terrariums.

Pourquoi le climat est-il si important pour la reproduction des reptiles ?
Le climat et les conditions météorologiques ont une influence primordiale sur le comportement naturel des animaux, sur leur cycle hormonal et donc leur reproduction.
Les reptiles, animaux à sang froid, ont une température corporelle qui varie avec celle de leur milieu. Ils ont besoin de se thermo réguler, en s’exposant ou en se cachant du soleil. Ils sont donc très dépendants des conditions climatiques.

De nombreux éléments entrent dans le contrôle de la reproduction, parmi ceux-ci :
- La photopériode (période de lumière) possède un rôle essentiel chez de nombreuses espèces de lézards dans l'activation et la régression de l'activité sexuelle.
- La température ambiante: une température élevée stimule la croissance ovarienne chez de nombreux serpents vivipares. Une certaine température est nécessaire pour permettre le développement de l'oeuf et/ou du jeune reptile.
- L’hygrométrie et/ou la pluviométrie : les follicules vitellogénétiques n'apparaissent pas avant la saison des pluies si l'hygrométrie n'est pas supérieure à 60%.

Les terrariums bioclimatiques permettent de nombreux accouplements, des pontes en pleine terre et même des incubations d’œufs.

Un mode de conservation et de reproduction idéal
Les premiers effets bénéfiques :
Le parc a découvert un matin des bébés lézards d’Haïti qui ont éclos naturellement. Un varan blessé à une patte depuis près d’un an. Malgré les nombreux traitements et opération (greffe de la peau), aucune cicatrisation n’avait eu lieu jusque là. Au bout, d’un mois immergé dans un terrarium bioclimatique, il est désormais guéri de façon quasi miraculeuse. Le lézard caïman qui était anorexique, (les vitamines n’ont eu aucun effet), est devenu une grosse femelle en pleine santé.

Cela nous conforte dans l’idée que les paramètres et les conditions de maintien des animaux sont idéaux pour eux.
Le système du terrarium procure des cachettes, il n’y a pas de stress. Avec l’ensemble de ces paramètres dont les ultra violets et les infra rouges, les animaux sont plus actifs, ils recouvrent leurs instincts de prédation. Le terrarium bioclimatique permet de maintenir des espèces difficiles à élever notamment celles qui vivent dans des endroits avec de grands écarts de température. . Enfin, pour le public et pour nos équipes, observer un comportement semi-naturel, c’est mille fois plus intéressant !

A l’horizon 2014
Des terrariums verront le jour pour la faune européenne, lézards ocellés, tortues d’Hermann, couleuvres vipérines, ... Alligator Bay fêtera ses 20 ans. Le parc normand compte bien garder sa place de 1er rang en tant qu’expert de la faune reptilienne en Europe et poursuivre son objectif : la préservation et conservation d’espèces sensibles.


Zoom sur les heureux pensionnaires des terrariums bioclimatiques

L’Iguane Rhinocéros
Quand il est adulte, cet imposant lézard a sur le museau de grandes écailles ressemblant à des cornes. Il marche lourdement, la tête levée à la recherche de nourriture mais en cas de danger, il peut courir très vite. Si on l’attaque, il donne des coups de queue et mord.

Le monstre de Gila
C’est l’un des rares lézards venimeux. Sa taille atteint les 60 centimètres. La couleur de sa peau peut être noire, rose, orange ou jaune. Il peut se contenter de trois ou quatre repas par ans. Les graisses gardées dans sa queue lui servent de réserve pour l’hiver.

La vipère d’Ethiopie
C’est une espèce venimeuse de vipère qui ne se trouve que dans le sud ouest de l’Ethiopie. Elle est grande avec une tête large et spectaculaires et des marques géométriques. En 1995, l'espèce n’a été signalée qu'en trois exemplaires, mais des informations supplémentaires sont apparues depuis. Peu de choses sont connues à propos de son histoire naturelle ou de son venin.

Le lézard Caïman
Le Lézard Caiman est constitué de façon similaire à son cousin le Tegu, avec un grand corps trapu et des membres courts mais puissants. Sa tête est volumineuse et souvent de couleur rouge ou orange. Leurs mâchoires sont fortement musclées pour aider les secours à manger sa proie normale d'escargots, écrevisses et les palourdes d'eau douce. Il a une longue queue aplatie, semblable à son nom même, le Caiman.

L’iguane des îles Fidji
L'iguane à crête Fidji est un grand lézard trapu qui se distingue par la présence de trois étroites, bandes de couleurs blanches pour les males. Ils ont la capacité de changer rapidement de couleur du vert au noir une fois réveillés. En noircissant, il ouvre sa gueule et se jette sur son attaquant.



source : zoonaute.net